{"id":278,"date":"2017-05-30T20:00:14","date_gmt":"2017-05-30T18:00:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.droudrhiri.com\/?page_id=278"},"modified":"2017-06-04T19:49:17","modified_gmt":"2017-06-04T17:49:17","slug":"presse","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.droudrhiri.com\/?page_id=278","title":{"rendered":"Presse"},"content":{"rendered":"<div class=\"itemHeader\">\n<h1 class=\"uk-article-title\"><\/h1>\n<h1 class=\"uk-article-title\"><\/h1>\n<h1 class=\"uk-article-title\"><\/h1>\n<h1 class=\"uk-article-title\">D\u00c9PRESSION CHEZ LA PERSONNE \u00c2G\u00c9E<\/h1>\n<div class=\"social uk-text-right\">\u00a0Une affection trop souvent sous-diagnostiqu\u00e9e<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"itemBody\">\n<div class=\"itemIntroText\">\n<p>La d\u00e9pression n\u2019est pas une caract\u00e9ristique de l\u2019\u00e2ge avanc\u00e9. Parler moins, mal dormir, manquer d\u2019app\u00e9tit, d\u2019\u00e9nergie\u2026 tous ces sympt\u00f4mes sont encore trop souvent consid\u00e9r\u00e9s comme normaux chez une personne \u00e2g\u00e9e, alors qu\u2019ils peuvent \u00eatre r\u00e9v\u00e9lateurs d\u2019une d\u00e9pression. Pour le praticien qui re\u00e7oit un patient \u00e2g\u00e9 en consultation, penser \u00e0 la d\u00e9pression doit devenir un r\u00e9flexe.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"itemFullText\">\n<div>\n<div id=\"photo\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/doctinews.com\/images\/mustapha-oudrhiri.jpg\" alt=\"\" border=\"0\" \/><\/div>\n<div id=\"texte\">\n<p align=\"left\"><strong>DR MUSTAPHA OUDRHIRI<\/strong><\/p>\n<p align=\"left\">Sp\u00e9cialiste en m\u00e9decine interne et en g\u00e9riatrie \u2013 Casablanca<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><strong>Doctinews N\u00b0 38 Novembre 2011<\/strong><\/p>\n<p>La d\u00e9pression est une pathologie beaucoup plus r\u00e9pandue qu\u2019on ne le pense chez les personnes \u00e2g\u00e9es. Des statistiques fran\u00e7aises r\u00e9v\u00e8lent qu\u2019elle affecte 5 % des enfants pr\u00e9pub\u00e8res, 10 \u00e0 15 % des adolescents, 20 % des adultes et 25 % des personnes \u00e2g\u00e9es de plus de 65 ans, et jusqu\u2019\u00e0 40 % en institution. Mais elle passe encore trop souvent inaper\u00e7ue car les sympt\u00f4mes manifest\u00e9s par les patients, tels qu\u2019un ralentissement des fonctions intellectuelles ou des plaintes corporelles sont souvent associ\u00e9s \u00e0 un vieillissement normal. Ainsi, seulement moins de 10 % des personnes \u00e2g\u00e9es de 65 ans et plus atteintes de d\u00e9pression seraient diagnostiqu\u00e9es. Ces personnes, souvent isol\u00e9es, ne demandent que rarement de l\u2019aide, et les m\u00e9decins qui les suivent focalisent g\u00e9n\u00e9ralement leur attention sur leurs probl\u00e8mes physiques.<\/p>\n<div>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/doctinews.com\/images\/quote.png\" width=\"16px\" border=\"0\" \/> La liste des m\u00e9dicaments prescrite au patient est \u00e0 consid\u00e9rer de pr\u00e8s car il existe des m\u00e9dicaments potentiellement d\u00e9pressog\u00e8nes.<\/p>\n<\/div>\n<p><strong>Des sympt\u00f4mes sous-estim\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>De nombreux \u00e9v\u00e9nements, comme la perte d\u2019un conjoint ou d\u2019un proche, des probl\u00e8mes de sant\u00e9, un changement d\u2019environnement\u2026 peuvent g\u00e9n\u00e9rer un \u00e9tat de d\u00e9prime, \u00e0 ne pas confondre avec la d\u00e9pression qui peut s\u2019installer en r\u00e9action \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement douloureux ou se d\u00e9clarer sans raison apparente. En revanche, la perte de toute forme d\u2019espoir, l\u2019absence de tout sentiment heureux sont des caract\u00e9ristiques de la d\u00e9pression. Chez la personne \u00e2g\u00e9e, les sympt\u00f4mes de la d\u00e9pression s\u2019expriment souvent par un manque de motivation, une perte d\u2019\u00e9nergie et d\u2019int\u00e9r\u00eat pour les activit\u00e9s de loisir, un isolement et un rejet des autres ainsi qu\u2019une perte d\u2019estime de soi. La fatigue, la perte de poids et d\u2019app\u00e9tit, les troubles du sommeil (dormir trop ou pas assez) sont \u00e9galement fr\u00e9quents et s\u2019accompagnent de plaintes physiques accrues ou inexpliqu\u00e9es (c\u00e9phal\u00e9es, palpitations, vertiges, dyspn\u00e9es, algies). D\u2019autres signes comme l\u2019agressivit\u00e9, l\u2019hostilit\u00e9, l\u2019irritabilit\u00e9 et l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 peuvent \u00eatre \u00e9vocateurs de d\u00e9pression.<\/p>\n<p><strong>Les champs de l\u2019interrogatoire<\/strong><\/p>\n<p>Face \u00e0 une personne \u00e2g\u00e9e qui pr\u00e9sente un ou plusieurs sympt\u00f4mes d\u00e9crits ci-dessus, il convient de proc\u00e9der \u00e0 un interrogatoire minutieux. Depuis quand le ou les troubles sont-ils apparus\u00a0? Sont-ils d\u2019apparition soudaine ou progressive\u00a0? Un \u00e9v\u00e9nement particulier a-t-il eu lieu au cours de cette p\u00e9riode (perte d\u2019un proche, changement d\u2019environnement\u2026)\u00a0. Il est \u00e9galement int\u00e9ressant de passer en revue les ant\u00e9c\u00e9dents psychiatriques du patient, sachant qu\u2019une d\u00e9pression peut survenir \u00e0 tout \u00e2ge. La liste des m\u00e9dicaments prescrite au patient est \u00e0 consid\u00e9rer de pr\u00e8s avec toutes les modifications de traitement qui pourraient avoir eu lieu au moment de l\u2019apparition des troubles. Il existe en effet des m\u00e9dicaments potentiellement d\u00e9pressog\u00e8nes dont le b\u00e9n\u00e9ficie pourra \u00eatre discut\u00e9 en concertation avec le prescripteur. Il ne faut pas n\u00e9gliger non plus les d\u00e9pressions qui peuvent r\u00e9v\u00e9ler de la violence physique ou affective, de l\u2019exploitation financi\u00e8re, de la n\u00e9gligence que le patient aura tendance \u00e0 nier.<br \/>\nL\u2019examen clinique classique du patient sera notamment compl\u00e9t\u00e9 par une \u00e9valuation de l\u2019autonomie physique et la recherche d\u2019un handicap sensoriel \u00e9ventuel.<\/p>\n<p><strong>Des formes secondaires<\/strong><\/p>\n<p>Dans certains cas, la d\u00e9pression peut \u00eatre secondaire \u00e0 une autre pathologie. Certaines maladies virales ou inflammatoires, des troubles endocriniens, des n\u00e9oplasies, des maladies neurologiques peuvent d\u00e9clencher une d\u00e9pression.<br \/>\nIl est admis dans la litt\u00e9rature que la d\u00e9pression peut faire suite \u00e0 un AVC (accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral), notamment lorsque les l\u00e9sions se situent sur l\u2019h\u00e9misph\u00e8re gauche, \u00e0 proximit\u00e9 du lobe frontal ou lorsqu\u2019elles atteignent la substance blanche des h\u00e9misph\u00e8res c\u00e9r\u00e9braux ou des noyaux de la base. On consid\u00e8re \u00e9galement que dans 15 \u00e0 25 % des cas, la d\u00e9pression pr\u00e9c\u00e8de ou est concomitante avec les premiers sympt\u00f4mes de la maladie de Parkinson, et que 50 % des patients qui en sont atteints font une d\u00e9pression. Il en est de m\u00eame pour la maladie d\u2019Alzheimer qui est associ\u00e9e \u00e0 une d\u00e9pression dans 17 \u00e0 31 % des cas.<\/p>\n<p><strong>Prise en charge de la d\u00e9pression<\/strong><\/p>\n<p>Le traitement m\u00e9dicamenteux comportera classiquement un antid\u00e9presseur. En premi\u00e8re intention, les inhibiteurs de la recapture de la s\u00e9rotonine (IRS) sont fr\u00e9quemment utilis\u00e9s. D\u2019autres antid\u00e9presseurs peuvent \u00eatre choisis en fonction de l\u2019histoire clinique du patient et du profil des effets secondaires du traitement. Ils devront \u00eatre utilis\u00e9s \u00e0 dose efficace, parfois atteinte par paliers pour s\u2019assurer de la bonne tol\u00e9rance du traitement. Les effets secondaires les plus fr\u00e9quents des IRS sont les troubles digestifs, ainsi qu\u2019un risque de survenue d\u2019hyponatr\u00e9mie par SIADH. Les traitements antid\u00e9presseurs sont aussi efficaces chez le sujet jeune que chez le sujet \u00e2g\u00e9. La dur\u00e9e du traitement antid\u00e9presseur sera de six mois s\u2019il s\u2019agit du premier \u00e9pisode d\u00e9pressif et d\u2019un an minimum dans les cas de r\u00e9cidive. L\u2019association avec un anxiolytique ou un hypnotique ne doit pas \u00eatre syst\u00e9matique du fait d\u2019un risque iatrog\u00e8ne \u00e9lev\u00e9 chez les personnes \u00e2g\u00e9es.<br \/>\nUn suivi psychologique doit \u00eatre propos\u00e9 qui compl\u00e9tera efficacement le traitement m\u00e9dicamenteux. Il s\u2019agira le plus souvent d\u2019une psychoth\u00e9rapie de soutien qui aidera le patient \u00e0 mieux comprendre sa maladie. Des interventions sur les aidants peuvent parfois \u00eatre n\u00e9cessaires. Une r\u00e9\u00e9valuation des aides \u00e0 domicile sera effectu\u00e9e pour maintenir au mieux le niveau nutritionnel et l\u2019autonomie du patient.<br \/>\nL\u2019hospitalisation s\u2019imposera en cas de risque suicidaire \u00e9lev\u00e9. Elle sera \u00e9galement propos\u00e9e lorsqu\u2019une perte d\u2019autonomie physique importante sera objectiv\u00e9e ou lorsqu\u2019un trop grand isolement social sera not\u00e9.<br \/>\nLa d\u00e9pression est une pathologie fr\u00e9quente et sous-diagnostiqu\u00e9e chez la personne \u00e2g\u00e9e. Vu son impact sur l\u2019autonomie, la qualit\u00e9 de vie et l\u2019esp\u00e9rance de vie, il convient de la prendre en charge pr\u00e9cocement et de fa\u00e7on active, m\u00eame \u00e0 un \u00e2ge avanc\u00e9.<\/p>\n<hr \/>\n<div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Facteurs de risque de d\u00e9pression chez la personne \u00e2g\u00e9en Solitude\u00a0;<\/strong><\/p>\n<p>&#8211;\u00a0 Isolement social et affectif\u00a0;<br \/>\n&#8211; Veuvage\u00a0;<br \/>\n&#8211; Deuil\u00a0;<br \/>\n&#8211; Sexe f\u00e9minin\u00a0;<br \/>\n&#8211; Perte d\u2019autonomie\u00a0;<br \/>\n&#8211; Comorbidit\u00e9 physique : cancer (50 %), Parkinson (20 \u00e0 30 %), diab\u00e8te\u00a0(30 %), AVC (30 \u00e0 50 %), IDM (16 \u00e0 18 %), HTA (10 %), d\u00e9mence (30 \u00e0 45 %),<br \/>\n&#8211; Prise m\u00e9dicamenteuse (B bloquants, antihypertenseurs centraux, neuroleptiques,\u00a0 BZD, L-DOPA, st\u00e9ro\u00efdes\u2026).<\/p>\n<p><strong>Geriatric Depression Scale<\/strong><\/p>\n<p><em><strong>Un outil pratique pour le m\u00e9decin<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Pour orienter le praticien dans son diagnostic, il existe un outil baptis\u00e9 GDS (Geriatric Depression Scale), une \u00e9chelle de d\u00e9pression pr\u00e9sent\u00e9e sous forme de questionnaire. Trente items sont propos\u00e9s et, en fonction des r\u00e9ponses (questions ferm\u00e9es), et du score qui se d\u00e9gage, la probabilit\u00e9 ou non d\u2019une d\u00e9pression peut \u00eatre \u00e9voqu\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<h2 class=\"uk-article-title\">L\u2019ESCARRE CHEZ LA PERSONNE \u00c2G\u00c9E : LA N\u00c9CESSIT\u00c9 D\u2019UNE PRISE EN CHARGE PLURIDISCIPLINAIRE<\/h2>\n<p><strong>Doctinews N\u00b0 31 Mars 2011<\/strong><\/p>\n<p>Une escarre est souvent une complication concomitante \u00e0 un \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral tr\u00e8s alt\u00e9r\u00e9. Ses zones de pr\u00e9dilection sont bien connues et Sa gravit\u00e9 est fonction du moment de sa prise en charge et de l\u2019existence ou non de mesures de pr\u00e9vention adopt\u00e9es en amont. La prise en charge de l\u2019escarre chez le sujet \u00e2g\u00e9 ne doit pas \u00eatre focalis\u00e9e seulement sur l\u2019\u00e9tat de la plaie, mais \u00e9galement sur l\u2019\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral du patient \u00e0 travers une \u00e9valuation g\u00e9riatrique standardis\u00e9e faisant appel \u00e0 une \u00e9quipe multidisciplinaire.<\/p>\n<div><\/div>\n<div class=\"wrapper_img3\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" dir=\"ltr\" src=\"http:\/\/www.doctinews.com\/images\/stories\/Mustapha-Oudrhiri.jpg\" alt=\"Mustapha-Oudrhiri\" width=\"178\" height=\"178\" \/> <strong>Dr Oudrhiri<\/strong><\/div>\n<p>Une escarre est une zone localis\u00e9e de souffrance de la peau et des tissus sous-jacents, caus\u00e9e par la pression, le cisaillement et les frottements ou une combinaison de ces diff\u00e9rents facteurs. C\u2019est une complication \u00e9vitable de l\u2019hospitalisation, de l\u2019alitement prolong\u00e9 ou de l\u2019immobilit\u00e9. Possible en tout point du corps, elle est principalement observ\u00e9e au niveau des points d\u2019appui du bassin et des talons et son apparition peut \u00eatre tr\u00e8s rapide, de quelques heures \u00e0 quelques jours. Sa fr\u00e9quence, mal connue aujourd\u2019hui, varie selon les contextes cliniques : 9 \u00e0 35 % des sujets \u00e2g\u00e9s hospitalis\u00e9s ou institutionnalis\u00e9s, selon les enqu\u00eates. L\u2019escarre entra\u00eene une augmentation de la dur\u00e9e de s\u00e9jour des patients hospitalis\u00e9s, une augmentation du temps des soins infirmiers, des douleurs et d\u2019autres complications infectieuses, fonctionnelles ou psychologiques. La pr\u00e9vention des escarres doit \u00eatre une pr\u00e9occupation permanente pour des soignants prenant en charge des personnes \u00e2g\u00e9es fragiles, quel que soit le contexte de soins, domicile, h\u00f4pital ou institution. Enfin, une fois constitu\u00e9e chez la personne \u00e2g\u00e9e, l\u2019escarre n\u00e9cessitera l\u2019intervention d\u2019une \u00e9quipe multidisciplinaire comprenant, entre autres, un m\u00e9decin, une infirmi\u00e8re, une aide-soignante, un kin\u00e9sith\u00e9rapeute, un di\u00e9t\u00e9ticien et un psychologue. Chacun de ces intervenants aura un r\u00f4le sp\u00e9cifique et compl\u00e9mentaire pour pouvoir esp\u00e9rer une cicatrisation lente, mais possible, de la plaie. Pour illustrer notre propos, le cas clinique que nous rapportons est un exemple tr\u00e8s parlant.<br \/>\n<strong>Cas clinique<\/strong><br \/>\nM. A.K., \u00e2g\u00e9 de 85 ans, en perte d\u2019autonomie totale depuis un an suite \u00e0 un syndrome parkinsonien tr\u00e8s avanc\u00e9 jamais pris en charge, est admis \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour une aggravation de son \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral avec d\u00e9s\u00e9quilibre d\u2019un diab\u00e8te de type 2 (glyc\u00e9mie \u00e0 jeun \u00e0 2,3 g\/l et HbA1c \u00e0 8,5 %), d\u00e9shydratation avec insuffisance r\u00e9nale d\u2019allure fonctionnelle (ur\u00e9e : 0,57 g\/l, cr\u00e9atinine : 12,9 mg\/l, clearance de la cr\u00e9atinine \u00e0 34 ml\/mn), pneumopathie vraisemblablement d\u2019inhalation (troubles de la d\u00e9glutition rapport\u00e9s par l\u2019entourage), d\u00e9nutrition s\u00e9v\u00e8re (albumin\u00e9mie : 21 g\/l) et escarres multiples : sacr\u00e9 au stade 2 (photo 1), trochant\u00e9riens au stade 4 \u00e0 gauche (photo 2) et stade 2 \u00e0 droite, et talon droit au stade 3 (photo 3).<br \/>\nLe traitement de l\u2019escarre est \u00e0 la fois local et g\u00e9n\u00e9ral, prenant en compte la personne et la plaie. Le succ\u00e8s du traitement est conditionn\u00e9 par une prise en charge pluridisciplinaire, l\u2019adh\u00e9sion des soignants \u00e0 un protocole de soins et la participation active du patient et de son entourage.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.doctinews.com\/images\/stories\/10.jpg\" alt=\"10\" width=\"531\" height=\"172\" \/><br \/>\n<strong>Traitement g\u00e9n\u00e9ral<\/strong><br \/>\nLe traitement g\u00e9n\u00e9ral passe d\u2019abord par une prise en charge globale de l\u2019\u00e9tat du patient prenant en consid\u00e9ration certaines particularit\u00e9s g\u00e9riatriques (risque iatrog\u00e8ne, degr\u00e9 d\u2019autonomie, esp\u00e9rance de vie\u2026). De ce fait, nous avons instaur\u00e9 une r\u00e9hydratation douce avec surveillance de l\u2019\u00e9tat h\u00e9modynamique et cardiaque et d\u00e9but\u00e9 une antibioth\u00e9rapie visant la pneumopathie d\u2019inhalation association ceftriaxone et metronidazole. Nous avons \u00e9galement arr\u00eat\u00e9 certains m\u00e9dicaments inutiles que prenait le patient (benzodiaz\u00e9pines et glim\u00e9riride) et surveill\u00e9 \u00e9troitement les chiffres glyc<\/p>\n<p>\u00e9miques avec instauration d\u2019un protocole insuline rapide si hyperglyc\u00e9mie = 2 g\/l (vu le contexte polypathologique, l\u2019objectif glyc\u00e9mique chez ce patient peut \u00eatre revu \u00e0 la hausse : HbA1c : 8%). Notre intervention a consist\u00e9 par ailleurs \u00e0 traiter le syndrome Parkinsonien en d\u00e9butant par une dose progressive de L dopa, \u00e0 pr\u00e9venir les complications thrombo-emboliques de l\u2019alitement (HBPM \u00e0 dose prophylactique), et \u00e0 mettre en place, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019intervention de la di\u00e9t\u00e9ticienne, un protocole nutritionnel adapt\u00e9 visant l\u2019augmentation des apports caloriques et prot\u00e9iques. Enfin, nous avons d\u00e9but\u00e9 une kin\u00e9sith\u00e9rapie respiratoire et fonctionnelle au lit, avec verticalisation puis mise au fauteuil.<\/p>\n<p><strong>Traitement local<\/strong><\/p>\n<p>Pour le nettoyage des plaies et de leurs berges (photo 4), nous avons utilis\u00e9 du s\u00e9rum physiologique. Il n\u2019y a pas d\u2019indication \u00e0 l\u2019utilisation d\u2019antiseptiques.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.doctinews.com\/images\/stories\/9.jpg\" alt=\"9\" width=\"256\" height=\"211\" \/><br \/>\nLa plaie ne doit pas \u00eatre ass\u00e9ch\u00e9e (\u00e9viter d\u2019appliquer l\u2019\u00e9osine, l\u2019alcool ou le talc). Pour toutes les escarres, la d\u00e9tersion \u00e9tait n\u00e9cessaire (plaies n\u00e9crotiques et\/ou fibrineuses). Elle s\u2019est effectu\u00e9e de mani\u00e8re m\u00e9canique. Des pansements alginates de calcium (Urgosorb*) ont \u00e9t\u00e9 par ailleurs utilis\u00e9s sur les n\u00e9croses humides pour favoriser l\u2019absorption des exsudats. Une association hydrogel\/plaque hydrocollo\u00efde extra-mince (Urgo Hydrogel*\/ Algoplaque film*) a permis quant \u00e0 elle de ramollir les plaques de n\u00e9crose s\u00e8che pour faciliter leur \u00e9limination au bistouri (photos 5 et 6).<br \/>\n<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.doctinews.com\/images\/stories\/11.jpg\" alt=\"11\" width=\"529\" height=\"215\" \/><\/p>\n<p>Au niveau de la r\u00e9gion sacr\u00e9e et trochant\u00e9rienne droite (escarre stade 2), nous avons opt\u00e9 de mani\u00e8re altern\u00e9e pour un pansement gras lipido-collo\u00efde (Urgotul*) ou des plaques hydrocollo\u00efdes (Algoplaque*). Le pansement gras utilis\u00e9 a pour grand avantage, comparativement \u00e0 d\u2019autres tulles, de ne pas s\u00e9cher et donc de pouvoir \u00eatre retir\u00e9 de mani\u00e8re totalement atraumatique, m\u00eame apr\u00e8s plusieurs jours. Les plaques hydrocollo\u00efdes ont pour int\u00e9r\u00eat d\u2019\u00eatre imperm\u00e9ables, et donc de prot\u00e9ger le lit de la plaie des selles et des urines du patient (photos 7 et 8).<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.doctinews.com\/images\/stories\/6.jpg\" alt=\"6\" width=\"526\" height=\"241\" \/><\/p>\n<p>Au niveau trochant\u00e9rien gauche, la plaie \u00e9tait cavitaire (atteinte des tissus sous-cutan\u00e9s, mais sans atteinte osseuse) et large (6 cm de diam\u00e8tre) avec perte importante de substance. Les pansements utilis\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 successivement un alginate de calcium (Urgosorb*) pendant la phase initiale de d\u00e9tersion puis un hydrocellulaire en fin de cicatrisation (Cellosorb*) (photos 9 et 10).<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.doctinews.com\/images\/stories\/5.jpg\" alt=\"5\" width=\"530\" height=\"231\" \/><\/p>\n<p>Au niveau du talon droit (escarre stade 3), la plaie \u00e9tait exsudative. Les pansements utilis\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 \u00e9galement un alginate de calcium (Urgosorb*), voire un hydrogel (Urgo Hydrogel*) sur les r\u00e9sidus de n\u00e9crose s\u00e8che, puis un hydrocellulaire (Cellosorb*) lors du bourgeonnement, et enfin un pansement gras lipido-collo\u00efde en phase d\u2019\u00e9pidermisation. Le pansement hydrocellulaire pr\u00e9sente essentiellement des propri\u00e9t\u00e9s d\u2019absorption, en plus de sa capacit\u00e9 de g\u00e9lification au contact de la plaie du fait de son impr\u00e9gnation par l\u2019association vaseline \/ hydrocollo\u00efde (photos 11 et 12).<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.doctinews.com\/images\/stories\/8.jpg\" alt=\"8\" width=\"529\" height=\"231\" \/><\/p>\n<p>Le traitement de la douleur g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par l\u2019escarre ne doit pas \u00eatre n\u00e9glig\u00e9. La douleur peut \u00eatre spontan\u00e9e ou non, brutale et inattendue, limit\u00e9e aux soins, aux changements de position ou aux mobilisations, ou pr\u00e9sente en continu. Il est recommand\u00e9 d\u2019\u00e9valuer r\u00e9guli\u00e8rement la douleur pour mieux orienter la prise en charge. Notre patient a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un antalgique palier 3 (morphine) \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019importance de la douleur, surtout au moment des soins.<br \/>\nPar ailleurs, durant toute la dur\u00e9e des soins, nous avons favoris\u00e9 une implication tr\u00e8s \u00e9troite de la famille. L\u2019information et l\u2019encadrement de la famille (essentiellement la fille) avait un impact tr\u00e8s positif pour<\/p>\n<p>l\u2019adh\u00e9sion aux protocoles de soins durant l\u2019hospitalisation et \u00e9galement \u00e0 domicile.<\/p>\n<p><strong>\u00e9volution favorable<\/strong><br \/>\nSur le plan g\u00e9n\u00e9ral, nous avons constat\u00e9 une am\u00e9lioration progressive des diff\u00e9rentes an<\/p>\n<p>omalies constat\u00e9es \u00e0 l\u2019admission : gu\u00e9rison de la pneumopathie, am\u00e9lioration de l\u2019\u00e9tat d\u2019hydratation et nutritionnel, \u00e9quilibre du diab\u00e8te\u2026 Sur le plan local, les soins ont dur\u00e9 4 semaines \u00e0 l\u2019h\u00f4pital puis se sont poursuivis \u00e0 domicile. Le protocole de soins \u00e9tait suivi par le personnel soignant et encadr\u00e9 par le m\u00e9decin g\u00e9riatre. Le changement des pansements s\u2019effectuait toutes les 48 \u00e0 72 heures. Il a fallu associer plusieurs types de pansements de mani\u00e8re chronologique en fonction du stade de la cicatrisation. Les exsudats de la plaie \u00e9taient \u00e9galement l\u2019un des principaux crit\u00e8res de choix des pansements. La cicatrisation de l\u2019escarre sacr\u00e9e (photo 13) et trochant\u00e9rienne droit (photo 14) s\u2019est faite la derni\u00e8re semaine d\u2019hospitalisation, alors que celle du talon droit s\u2019est faite apr\u00e8s 8 semaines de soins (photo15).<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.doctinews.com\/images\/stories\/7.jpg\" alt=\"7\" width=\"526\" height=\"169\" \/><\/p>\n<p>La r\u00e9gion trochant\u00e9rienne gauche (la plus gravement atteinte) a quant \u00e0 elle cicatris\u00e9 en 16 semaines (photos 16). En conclusion, nous pouvons dire que le traitement de la plaie par voie chirurgicale, bien qu\u2019il paraisse parfois n\u00e9cessaire, n\u2019est pas toujours souhaitable, voire m\u00eame possible. Une approche plus conservatrice, fond\u00e9e sur l\u2019utilisation de<\/p>\n<p>pansements cr\u00e9ant des conditions optimales de cicatrisation semble donner de tr\u00e8s bons r\u00e9sultats m\u00eame dans le cas d\u2019un tableau clinique particuli\u00e8rement d\u00e9favorable.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.doctinews.com\/images\/stories\/4.jpg\" alt=\"4\" width=\"526\" height=\"429\" \/><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.doctinews.com\/images\/stories\/ae.jpg\" alt=\"ae\" width=\"368\" height=\"435\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table border=\"1\" cellspacing=\"10\" cellpadding=\"10\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Les diff\u00e9rents stades d\u2019une escarre<\/strong><\/p>\n<p>&#8211; Stade 0 ou stade infraclinique : rougeur r\u00e9versible.<br \/>\n&#8211; Stade 1 : rougeur persistante (hyperh\u00e9mie qui ne blanchit pas).<br \/>\n&#8211; Stade 2 superficiel : phlyct\u00e8ne ou plaque de d\u00e9s\u00e9pidermisation, seul l\u2019\u00e9piderme est atteint.<br \/>\n&#8211; Stade 2 profond : atteinte de l\u2019\u00e9piderme et du derme, Ulc\u00e9ration franche de la peau avec une plaque p\u00e9riph\u00e9rique rouge indur\u00e9e, oed\u00e9mati\u00e9e et chaude.<br \/>\n&#8211; Stade 3 : apparition de la n\u00e9crose : \u00e9piderme \u00e9paissi, cartonn\u00e9, dur, atone et noir.<br \/>\n&#8211; Stade 4 : les l\u00e9sions sont profondes, avec atteintes de la couche graisseuse, des apon\u00e9vroses, des muscles et parfois de l\u2019os.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table border=\"1\" cellspacing=\"10\" cellpadding=\"10\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Recommandations pour la pr\u00e9vention et le traitement local des escarres<\/strong><\/p>\n<p>Les mesures pr\u00e9ventives doivent \u00eatre intensifi\u00e9es afin de limiter l\u2019extension et la constitution de nouvelles escarres: matelas anti-escarre, hygi\u00e8ne rigoureuse de la peau en \u00e9vitant la mac\u00e9ration (changement fr\u00e9quent des protections et des draps), changement de position toutes les deux \u00e0 trois heures selon une fiche destin\u00e9e aux soignants. Au niveau des zones de pression, les massages et les frictions sont strictement interdits. En effet, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que ceux-ci perturbaient la micro-circulation. Il est plut\u00f4t conseill\u00e9 de faire un effleurage doux en utilisant un produit adapt\u00e9 (sanyr\u00e8ne*, biafine*).<br \/>\nLes modalit\u00e9s de traitement des plaies (nettoyage, d\u00e9tersion, choix du pansement) doivent \u00eatre adapt\u00e9es aux stades de l\u2019escarre et d\u00e9finies sous forme de protocoles de soins.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<\/div>\n<!-- AddThis Advanced Settings generic via filter on the_content --><!-- AddThis Share Buttons generic via filter on the_content -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00c9PRESSION CHEZ LA PERSONNE \u00c2G\u00c9E \u00a0Une affection trop souvent sous-diagnostiqu\u00e9e La d\u00e9pression n\u2019est pas une caract\u00e9ristique de l\u2019\u00e2ge avanc\u00e9. Parler moins, mal dormir, manquer d\u2019app\u00e9tit, d\u2019\u00e9nergie\u2026 tous ces sympt\u00f4mes sont encore trop souvent consid\u00e9r\u00e9s comme normaux chez une personne \u00e2g\u00e9e, alors qu\u2019ils peuvent \u00eatre r\u00e9v\u00e9lateurs d\u2019une d\u00e9pression. 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